• Estelle By Avocat

Pourquoi choisir de mettre en société dès le début de son activité, même en étant seul.e?

C’est le reprise du blog que j’avais un peu délaissé au profit des posts Instagram (#pasbien parce qu’un article de blog a quand même une durée de vie beaucoup plus longue qu’un simple post Instagram).


J’ai choisi de vous parler du fait de se mettre en société dès le début de votre activité lorsque vous décidez de vous lancer en tant qu’entrepreneur.e et ce, même si vous êtes seul.e.


C’est vrai qu’il peut être légitime de se poser la question car en étant seul.e, vous avez le choix, soit entre le statut de la microentreprise ou bien celui de la société – car depuis très longtemps, il est tout à fait possible de se mettre en société, même en étant seul.e.


Donc comment faire pour choisir votre statut juridique ?


Pour ma part, je considère qu’il n’y a pas de BON ou de MAUVAIS statut juridique si votre statut a été choisi en connaissance de cause. On choisit le MAUVAIS statut si vous choisissez quelque chose par défaut, sans avoir pris la peine de vous informer auprès des bonnes personnes !



Quels sont les principaux avantages à se mettre directement en société (vs autoentreprise) ?

Premier avantage : se mettre en société vous permet de déduire à l’euro près les dépenses ou les investissements que vous ferez pour votre entreprise.


Tandis qu’en autoentreprise, c’est un pourcentage qui sera appliqué à votre chiffre d’affaires pour pouvoir calculer le montant de vos charges déductibles de votre chiffre d’affaires (abattement forfaitaire). Ce pourcentage dépendra de l’activité de votre autoentreprise.


Voici un rappel des taux devant être appliqués à votre chiffre d’affaires pour calculer vos charges :

  • 71 % pour le commerce (achat et vente)

  • 50 % pour les prestations de services

  • 34% pour une activité en libéral (consultant/formateur…etc).


L’idée ici, c’est d’optimiser votre bénéfice (soit votre chiffre d’affaires moins les charges), ce qui veut dire que plus vous déduisez des frais et moins vous aurez à payer d’impôts ! (dans la limite de ce qui est admis par l’administration fiscale car attention, tout n’est pas déductible).


Par conséquent, il faut partir du postulat que plus vous déduirez des charges et plus cela avantageux pour vous en termes d’impôts.


Aussi, pour choisir le statut le plus intéressant pour vous, je vous recommande d’établir un prévisionnel à la fois de vos dépenses et de votre chiffre d’affaires pour vérifier si vos charges réels ne dépasseraient pas le montant des charges correspondant à l’abattement forfaitaire.


En effet, souvent si vous êtes sûr.e de réaliser des dépenses ou des investissements importants, il est fort probable que l’abattement forfaitaire serait moins avantageux pour vous.


Pour être plus précise, si votre business, c’est faire de la formation, vos charges seront calculées de cette façon en fin d’année.

  • Chiffres d’affaires : 40.000 euros

  • Charges déductibles : 34% de 20.000 euros, soit 13.600 euros de charges déductibles


Ainsi, dans mon exemple, si les dépenses/investissements réels que vous envisagez sont supérieurs à 13.600 euros au vu de votre prévisionnel, il pourrait être intéressant pour vous de passer tout de suite en société.


Pour vous aider à établir ce prévisionnel, je vous fais un petit rappel des dépenses ce qui peuvent rentrer dans les charges déductibles :

  • Les frais de coaching ou encore de formation ;

  • Les frais des prestataires de services qui vous aident dans la mise en place de votre business, soit par ex l’accompagnement juridique, les frais comptables, les frais du graphiste ou encore du webdesigner….etc ;

  • Votre rémunération (et oui, parce que souvent les entrepreneurs oublient que leurs rémunérations font partie des charges) ;

  • Les frais de location/coworking ;

  • Le matériel nécessaire au fonctionnement de votre société (ordinateur, écran, imprimante…etc).

  • Etc.


A mon sens, se mettre en société permet de se dire que les dépenses/investissements valent le coup car 1) vous déduisez des charges sur votre chiffre d’affaires et surtout 2) cela vous permet psychologiquement d’avoir moins de freins lorsque vous investissez comme vous déduisez déjà. Or, c’est en investissant que vous arriverez à faire grandir votre société. J’ai un peu l’impression quelque fois que cela à un rapport avec la notion d’abondance : je donne car je sais qu’en donnant, je sais que je vais récolter un moment ou un autre le multiple de ce que j’aurais pu donner.


Donc, pour résumer, pour déterminer si l’autoentreprise ou la société est plus intéressante pour vous, il est nécessaire de :

  • Réaliser un prévisionnel de vos dépenses/investissements que vous envisagez de faire pour votre activité ; et

  • Comparer ce montant à celui correspondant au montant de l’abattement forfaitaire.



Deuxième avantage et non des moindres : Créer une société vous protège des dettes que vous contracterez dans le cadre de votre activité. Car en créant une SASU ou une EURL, vous séparez d’une manière stricte votre patrimoine personnel et celui de votre société.

Je veux bien que l’entrepreneuriat soit synonyme de risque, mais a priori, il existe quand même pas mal de garde-fous et de moyens intéressants pour vous protéger au mieux.

C’est pour cela que je vous encourage à discuter avec des experts sur le sujet, que ce soit avec un avocat ou bien avec votre futur expert-comptable. Ce n’est pas en restant dans un coin et à surfer sur n’importe quel site que vous serez rassuré par les réponses que vous trouverez sur les différents sites.

Troisième avantage : N’oubliez pas que si vous avez besoin d’argent pour démarrer votre activité (ou si vous envisagez de le faire peu de temps après le démarrage de votre activité), il peut être compliqué qu’un établissement bancaire vous prête l’argent si vous avez un statut d’autoentreprise.

Ce sont les critères édictés par les banques : elles ne prennent en compte que des ratios financiers qui se calculent sur la base des comptes de résultats et des bilans comptables. Donc autant vous dire que si vous n’avez pas tout cela, il sera compliqué pour vous d’obtenir un prêt bancaire.



Au-delà de tous ces avantages que j’ai pu énumérer plus haut – et qui sont relativement objectif, je me rends compte que ce choix épineux que peut constituer le choix du statut juridique est souvent lié à la vision que vous avez de votre entreprise. C’est en effet souvent la vision du client.e qui fait qu’elle ou il va choisir tel ou tel statut. Ainsi :


  • Si vous vous dites que vous montez votre activité « pour voir », vous êtes dans une vision à court-terme et de fait, l’autoentreprise vous paraîtra plus adaptée parce que vous avez encore un pied dans votre ancien statut (salarié ou autre, peu importe) ;


  • Si vous vous dites que vous savez que vous allez quitter votre job et que vous créez une activité qui colle à vos valeurs parce que vous ne vous retrouvez plus dans votre job, vous êtes dans une vision à long-terme et dans votre tête, vous êtes déjà parti.e. : ce qui peut vous donner envie de vous mettre en société parce que hell yeah, vous savez que vous serez graaaaaand.e.


Parce que, comme je me plais à le répéter à mes clients, le droit, c’est uniquement un outil qui vous permet d’optimiser les conditions dans lesquelles vous vous lancez dans l’entrepreneuriat.


Il y a pleins d’outils qui vous aideront aussi à réussir, notamment votre vision (et non, ce n’est pas les diplômes, et encore heureux !). Alors, faites-vous aider si vous pensez avoir une problématique de vision en faisant appel à un coach – ah mais oui, et en plus, les frais sont déductibles lorsque vous êtes en société ! CQFD


Je vous dis à très vite et si vous avez besoin de discuter de votre choix de statut, c'est par .




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